La nutrition par discipline part d’un constat simple : un marathonien, un haltérophile, une handballeuse, un judoka, une archère et un skieur de randonnée ne brûlent pas la même énergie, ne transpirent pas dans les mêmes conditions et ne poursuivent pas les mêmes objectifs. Les bases restent communes, mais les priorités changent du tout au tout. Cette page vous aide à adapter votre assiette à votre sport, famille par famille, avec des repères concrets avant, pendant et après l’effort, des infographies pour visualiser l’essentiel et une sélection d’articles pour aller plus loin dans votre discipline.

7grandes familles de sports, sept façons de remplir l’assiette
60grammes de glucides par heure environ lors d’un effort prolongé, selon les recommandations courantes
3heures environ entre le repas principal et le départ d’une compétition

Pourquoi la nutrition par discipline fait la différence

Toutes les disciplines partagent un socle : une alimentation variée, suffisante en énergie, riche en végétaux, avec des protéines à chaque repas et une hydratation régulière. Ce socle couvre l’essentiel des besoins d’un pratiquant de loisir. Dès que la pratique s’intensifie, en revanche, les spécificités apparaissent. La durée de l’effort détermine l’importance des réserves de glycogène et la nécessité de manger pendant. L’intensité oriente vers telle ou telle filière énergétique. Le contexte compte aussi : un match qui se joue en deux mi-temps, un combat précédé d’une pesée, une épreuve de tir qui exige un calme absolu, une longue journée de ski dans le froid ne posent pas les mêmes questions. Enfin, chaque sport a sa culture et ses idées reçues, parfois tenaces : la peur des féculents chez certains sportifs de force, le culte de la minceur dans les sports à catégorie ou à esthétique, l’oubli de boire chez les nageurs. Penser la nutrition selon le sport pratiqué, c’est donc ajuster les quantités, le timing et la texture des aliments à la réalité du terrain, sans jamais perdre de vue la santé et le plaisir de manger.

Deux profils, deux priorités Glucides Hydratation Manger pendant Protéines Masse musculaire Endurance Force
L’endurance mise sur les glucides, l’hydratation et le ravitaillement, la force sur les protéines et la masse musculaire : un repère qualitatif, pas une mesure.

Trouver sa famille de sports

Classer les sports en familles reste forcément schématique : un trail est un sport d’endurance qui exige aussi de la force en montée, un match de rugby combine puissance et répétition d’efforts intenses, un triathlète doit gérer trois disciplines et deux transitions. Ce classement donne pourtant un excellent point de départ pour identifier ses priorités nutritionnelles. Les sports d’endurance tournent autour du carburant et de l’hydratation. Les sports de force et de puissance s’articulent autour de la construction musculaire et de l’énergie disponible pour des efforts brefs et intenses. Les sports collectifs alternent sprints et récupérations sur la durée d’un match. Les sports de combat ajoutent la question délicate des catégories de poids. Les sports de précision privilégient la stabilité de l’énergie et de la concentration. Les sports aquatiques, d’hiver et extrêmes, enfin, sont dominés par les contraintes de l’environnement : eau, froid, altitude, isolement. Le sélecteur ci-dessous permet de repérer d’un coup d’œil les grandes lignes de trois familles très pratiquées, avant d’entrer dans le détail de chacune.

Course à pied

Féculents la veille, petit-déjeuner digeste, boisson et glucides au-delà d’une heure d’effort.

Cyclisme

Le sport où l’on mange le plus en roulant : bidons, barres maison, fruits secs, petits sandwichs.

Triathlon

Ravitaillement surtout sur le vélo, où le système digestif est le plus à l’aise.

Musculation

Protéines réparties sur la journée, glucides autour des séances pour soutenir la charge.

Sprint et sauts

Énergie disponible pour des efforts brefs, récupération soignée entre les répétitions.

Haltérophilie et lancers

Assiette dense et régulière, attention portée à la digestion avant les tentatives.

Football

Réserves pleines avant le coup d’envoi, boisson et fruit à la mi-temps.

Basket et handball

Efforts courts et répétés, hydratation par petites gorgées à chaque arrêt de jeu.

Rugby

Besoins énergétiques et protéiques élevés, récupération rapide après les contacts.

Sports d’endurance : le carburant avant tout

Course à pied, cyclisme, triathlon, ski de fond, aviron, trail : dans toutes ces disciplines, la performance repose sur la capacité à maintenir une intensité soutenue pendant longtemps. Le facteur limitant est souvent la disponibilité du carburant, c’est-à-dire les réserves de glycogène dans les muscles et le foie, qui s’épuisent en une heure et demie à deux heures d’effort intense. Les glucides de l’endurance occupent donc une place centrale, au quotidien comme en compétition : féculents à chaque repas, fruits, laitages, pain. La quantité suit le volume d’entraînement, ce qui demande d’ajuster les portions entre une semaine légère et une semaine chargée. Les protéines ne sont pas pour autant secondaires : elles réparent les fibres sollicitées par des milliers de foulées ou de coups de pédale et soutiennent l’adaptation des muscles. L’hydratation, enfin, est un enjeu permanent, car la sueur emporte de l’eau et du sodium. Le fer mérite une attention particulière chez les coureuses et les coureurs, puisque les besoins augmentent avec le volume ; une fatigue inhabituelle ou un essoufflement anormal justifient d’en parler au médecin plutôt que de se supplémenter seul.

30 à 60 gde glucides par heure
Au-delà d’une heure à une heure et demie d’effort, on boit et on mange régulièrement : de l’ordre de 30 à 60 g de glucides par heure selon les recommandations courantes.

Manger et boire pendant l’effort long

Pour un effort de moins d’une heure, l’eau suffit généralement si le repas précédent a été correct. Au-delà, le ravitaillement pendant l’effort devient un véritable entraînement en soi. Les recommandations courantes situent l’apport entre 30 et 60 g de glucides par heure lors d’un effort prolongé, jusqu’à 90 g chez des sportifs entraînés qui ont habitué leur système digestif. En pratique, cela peut prendre la forme d’une boisson d’effort, de pâtes de fruits, de bananes, de dattes, de petits carrés de pain d’épices ou de barres maison. Côté boisson, un repère de 400 à 800 ml par heure, à ajuster à la chaleur et à la sueur de chacun, évite à la fois la déshydratation et l’excès. Le mot d’ordre est la régularité : quelques gorgées et une petite bouchée toutes les quinze à vingt minutes valent mieux qu’un gros ravitaillement tardif quand le coup de fatigue est déjà là. Le cycliste a l’avantage de pouvoir manger assis, le coureur doit privilégier les textures faciles et les petites quantités pour ménager son estomac, secoué à chaque foulée. Dans tous les cas, aucune nouveauté le jour de l’épreuve : tout se teste à l’entraînement.

  1. La veilleUn dîner riche en féculents, pauvre en fibres irritantes et en graisses lourdes, déjà connu de votre estomac.
  2. Le matinUn repas digeste trois heures environ avant le départ : pain, miel, laitage bien toléré, boisson chaude.
  3. PendantBoire par petites gorgées et apporter des glucides régulièrement dès que l’effort dépasse une heure.
  4. AprèsRéhydrater, puis associer glucides et protéines dans une collation ou un vrai repas.

Ultra, trail et triathlon : la gestion du temps long

Plus l’effort s’allonge, plus la nutrition devient stratégique. Sur un ultra-trail ou un triathlon longue distance, les besoins énergétiques dépassent largement ce que l’on peut absorber, et la question n’est plus de tout compenser mais de limiter le déficit sans perturber la digestion. La lassitude du sucré est un phénomène bien connu au-delà de quelques heures : alterner avec du salé, comme du bouillon, des pommes de terre, des petits sandwichs, des chips ou du fromage, relance l’appétit et apporte du sodium. Les ravitaillements organisés se repèrent à l’avance sur le parcours, ce qui permet de planifier ce que l’on porte sur soi. En triathlon, la partie vélo est le moment privilégié pour manger, le système digestif étant beaucoup moins secoué qu’en course à pied. La nuit, le froid et l’altitude modifient encore les sensations de faim et de soif : se fixer des repères horaires plutôt que d’attendre les signaux du corps aide à ne pas décrocher. Enfin, l’hyponatrémie guette les coureurs qui boivent beaucoup d’eau pure sur de très longues durées ; maux de tête, nausées ou confusion imposent l’arrêt et un avis médical. Retrouvez ci-dessous notre sélection d’articles sur la nutrition des sports d’endurance.

Force et puissance : construire et soutenir l’explosivité

Musculation, haltérophilie, force athlétique, sprint, sauts, lancers, entraînement fonctionnel : ces disciplines reposent sur des efforts brefs, très intenses, répétés avec des temps de récupération. Elles sollicitent surtout la filière anaérobie, qui puise dans les réserves de phosphocréatine et de glycogène des muscles. Les protéines y tiennent un rôle de premier plan, avec des apports généralement situés dans la partie haute des recommandations courantes, de l’ordre de 1,6 à 2 g par kilo et par jour lors des phases de développement musculaire, répartis sur trois à quatre repas. Mais l’idée reçue selon laquelle les sportifs de force pourraient se passer de glucides est tenace et fausse : une séance lourde, enchaînant les séries, vide une partie du glycogène musculaire, et des réserves insuffisantes font chuter la qualité des répétitions. Les féculents restent donc présents, surtout dans le repas qui précède l’entraînement et dans celui qui suit. Les bonnes graisses, issues des huiles végétales, des oléagineux et des poissons gras, complètent l’assiette et participent à l’équilibre hormonal. Quant aux compléments très répandus dans ces milieux, ils relèvent d’une discussion avec un professionnel, avec une vigilance particulière sur le risque de produits contaminés par des substances interdites.

La place des féculents selon la famille EnduranceAquatiquesCollectifsForceCombatPrécision ! Repère qualitatif : la force a aussi besoin de féculents
Les besoins en féculents augmentent avec la durée et le volume d’effort, mais aucune famille de sports n’a intérêt à les supprimer.

Musculation, sprint, lancers : les repas autour de la séance

Dans les sports de force, l’organisation de la journée compte autant que le contenu de l’assiette. Le repas avant la séance, pris deux à trois heures plus tôt, associe un féculent, une source de protéines maigre et des légumes cuits, pour arriver à l’entraînement avec de l’énergie sans lourdeur. Si l’intervalle est plus court, une collation simple comme un yaourt et une banane ou une tartine de pain avec du fromage frais fait l’affaire. Après la séance, une portion de protéines associée à des glucides lance la reconstruction : un repas complet si l’horaire s’y prête, sinon une collation à base de laitage et de fruit en attendant. Le reste de la journée, l’enjeu est de répartir les protéines sur chaque repas, y compris le petit-déjeuner, souvent trop pauvre. En phase de prise de masse, l’excédent énergétique doit rester modéré et progressif, avec des aliments denses et sains plutôt qu’une accumulation de produits gras et sucrés. Les sprinteurs et les sauteurs, qui cherchent un rapport force-poids favorable, gagnent à suivre l’évolution de leur composition corporelle avec un professionnel plutôt que de se fier à la balance seule.

Avant la séance

Féculent, protéine maigre et légumes cuits, deux à trois heures avant. De l’énergie sans lourdeur.

énergiedigeste

Pendant

De l’eau par petites gorgées entre les séries. Une boisson sucrée seulement pour les très longues séances.

hydratation

Juste après

Un laitage et un fruit, ou directement le repas s’il est proche. Protéines et glucides ensemble.

réparation

Le reste de la journée

Des protéines à chaque repas, petit-déjeuner compris, et des légumes variés pour les micronutriments.

répartition

Sports collectifs : tenir l’intensité jusqu’au coup de sifflet

Football, rugby, basket, handball, volley, hockey : les sports collectifs imposent des efforts intermittents, faits de sprints, de changements de direction, de sauts et de contacts, entrecoupés de phases plus calmes, le tout pendant une heure à une heure et demie. Ce profil mixte vide progressivement les réserves de glycogène, et c’est souvent en fin de match que la différence se fait : lucidité, vitesse, précision technique déclinent quand le carburant manque. La nutrition des sports collectifs vise donc d’abord à arriver au coup d’envoi avec des réserves pleines, grâce à des féculents dans les repas des vingt-quatre heures précédentes. Les besoins varient beaucoup selon le poste, le temps de jeu et le niveau : un titulaire qui court tout le match n’a pas les mêmes besoins qu’un remplaçant qui entre pour dix minutes. Les gabarits diffèrent aussi d’un sport à l’autre, du demi de mêlée au pilier, du meneur au pivot. Au quotidien, les entraînements souvent programmés le soir posent la question du dîner tardif, qui doit rester complet. Enfin, la vie de groupe, les déplacements et les repas pris en collectivité rendent précieuse une organisation anticipée : collations dans le sac, gourde personnelle, choix éclairés au buffet.

Mi-temps
À la mi-temps, quelques gorgées et un fruit facile à digérer suffisent souvent à relancer l’énergie pour la seconde période.

Jour de match et tournois

Le jour du match, la routine fait la sérénité. Le repas d’avant-match, pris environ trois heures avant le coup d’envoi, repose sur des féculents bien tolérés, une portion modérée de protéines maigres et peu de graisses : pâtes ou riz avec du jambon, du poulet ou des œufs, une compote, du pain. Une petite collation une heure avant, comme une banane ou quelques biscuits secs, complète le plein si besoin. Pendant la rencontre, chaque arrêt de jeu est l’occasion de boire quelques gorgées ; à la mi-temps, une boisson légèrement sucrée ou des quartiers d’orange relancent l’énergie. Les tournois et les compétitions sur plusieurs jours sont plus exigeants : plusieurs matchs s’enchaînent avec parfois une heure seulement entre deux rencontres. Il faut alors privilégier des petites prises fréquentes et digestes, comme des fruits, des pâtes de fruits, des petits sandwichs, des laitages à boire, et soigner la récupération entre les matchs. Le soir d’un match, enfin, le dîner de récupération compte autant que le repas d’avant : réhydratation, féculents, protéines et légumes, loin de la troisième mi-temps arrosée, qui retarde la réparation musculaire et dégrade le sommeil.

Besoins énergétiques selon le temps de jeu

Entraînement techniqueModéré
Remplaçant en fin de matchMoyen
Titulaire tout le matchÉlevé
Tournoi, plusieurs matchs par jourTrès élevé

Sports de combat : performance et poids sur le long terme

Judo, boxe, lutte, karaté, taekwondo, MMA : les sports de combat combinent des efforts explosifs, une forte composante d’endurance et une contrainte particulière, celle des catégories de poids. L’alimentation y doit soutenir des entraînements souvent très durs, alternant technique, travail physique et combats d’entraînement, tout en respectant un poids de compétition. Le principe à retenir est simple : le poids de forme se construit sur la saison, pas dans la semaine qui précède la pesée. Choisir sa catégorie en fonction de son gabarit naturel, avec l’aide de l’encadrement et d’un professionnel de santé, évite les ajustements brutaux, dangereux pour la santé et néfastes pour la performance. Au quotidien, l’assiette du combattant ressemble à celle d’un sportif mixte : féculents adaptés à la charge, protéines à chaque repas, légumes et fruits en abondance, hydratation régulière. Les jours de compétition, souvent longs avec plusieurs combats étalés, demandent des collations faciles à digérer et une boisson toujours à portée de main. La gestion du poids en sport de combat se pense donc comme un travail de fond, encadré et progressif, où la santé passe toujours avant le résultat.

Le poids se gère sur toute la saison Saison Stable et accompagné Yo-yo : à éviter
Un poids stable, construit avec un accompagnement professionnel, protège la santé et la performance mieux que des variations brutales autour de chaque pesée.

Préparer un combat sans mettre sa santé en jeu

La semaine qui précède un combat ressemble à celle de n’importe quelle compétition : charge d’entraînement allégée, sommeil soigné, repas réguliers et familiers. Si le poids est stable et proche de la catégorie, il n’y a rien de particulier à changer, sinon conserver des féculents dans les derniers repas pour arriver avec de l’énergie. Les pratiques de restriction sévère, de jeûne, de sudation forcée ou de déshydratation volontaire sont à proscrire : elles exposent à des malaises, à des troubles du rythme cardiaque, à des coups de chaleur et dégradent la force, la vitesse et la lucidité. Après la pesée, un repas habituel et une hydratation progressive préparent le combat. Le jour J, entre les tours, on mise sur des aliments simples et familiers : bananes, compotes à boire, pain, pâtes de fruits, eau. Les jeunes combattants méritent une vigilance accrue, leur croissance ne devant jamais être sacrifiée à une catégorie. Pour approfondir la nutrition de ces disciplines, voici une sélection d’articles sur la force, les sports collectifs et les sports de combat.

Sports de précision : la stabilité avant tout

Tir sportif, tir à l’arc, golf, fléchettes, pétanque, billard, mais aussi certaines épreuves d’équitation ou de voile : dans les sports de précision, la dépense énergétique est modérée, mais la concentration doit tenir pendant des heures. Une compétition de golf dure souvent plus de quatre heures, un concours de tir peut s’étaler sur la journée. L’enjeu n’est donc pas de faire le plein de carburant, mais de garder une énergie stable et une concentration constante, sans coup de barre ni fébrilité. Les variations brutales de la glycémie, provoquées par un repas très sucré pris seul ou par un long jeûne, peuvent se traduire par une baisse de vigilance ou un léger tremblement, ennemis jurés du geste précis. L’assiette privilégie donc des repas complets et réguliers, avec des féculents complets ou semi-complets, des protéines et des fibres qui ralentissent la digestion des glucides. Pendant l’épreuve, de petites collations peu sucrées, comme une poignée d’oléagineux, un fruit, une tartine, prises à intervalles réguliers, entretiennent la vigilance. L’hydratation, souvent négligée parce que l’effort semble léger, pèse aussi sur la concentration, surtout en extérieur et par temps chaud. Quant aux boissons très caféinées, elles risquent d’accentuer la nervosité et les tremblements.

Viser la stabilité Repas réguliers Eau par gorgées Collations légères Pas de pic sucré
Dans les sports de précision, des repas réguliers, une hydratation constante et des collations peu sucrées entretiennent la concentration.

Sports aquatiques, d’hiver et extrêmes : composer avec l’environnement

Dans certaines disciplines, c’est le milieu qui dicte les règles. L’eau, le froid, l’altitude, l’isolement modifient la dépense énergétique, les sensations de faim et de soif et les possibilités de s’alimenter. Un nageur transpire sans s’en rendre compte, un skieur de randonnée oublie de boire parce qu’il n’a pas chaud, un alpiniste perd l’appétit en altitude, un navigateur doit cuisiner sur un bateau qui tangue. Dans tous ces cas, la nutrition en conditions extrêmes repose sur l’anticipation : prévoir des aliments faciles à transporter et à consommer, se fixer des repères réguliers plutôt que d’attendre la faim ou la soif, et emporter un peu plus que nécessaire. Le froid augmente la dépense, car l’organisme lutte pour maintenir sa température, et le poids de l’équipement alourdit chaque mouvement. L’altitude accélère la respiration, donc les pertes d’eau, et augmente l’utilisation des glucides. L’eau, enfin, rafraîchit et masque la soif. Comprendre ces mécanismes permet d’adapter son alimentation au milieu, qu’il s’agisse d’une séance de piscine d’une heure, d’une journée de ski de fond ou d’une expédition de plusieurs jours.

Dans l’eau on transpire aussi Au froid on oublie de boire
L’eau masque la transpiration, le froid fait oublier la soif : dans les deux cas, on boit et on mange selon des repères réguliers.

Natation, aviron, surf : l’eau trompe la soif

On imagine volontiers qu’un nageur, entouré d’eau, ne se déshydrate pas. C’est faux : la transpiration existe aussi dans le bassin, simplement elle passe inaperçue, et l’eau chaude des piscines couvertes l’accentue. Garder une gourde au bord du bassin et boire quelques gorgées entre les séries est un réflexe à prendre dès le plus jeune âge. Les entraînements de natation sont souvent programmés tôt le matin ou tard le soir, ce qui impose une organisation précise : une collation légère avant une séance matinale, comme une banane, une compote ou un verre de lait, puis un vrai petit-déjeuner après. L’exposition à l’eau fraîche et les volumes d’entraînement élevés des nageurs confirmés augmentent la dépense, ce qui explique leur appétit souvent spectaculaire : il faut le respecter avec des repas copieux et des collations planifiées. En eau libre, en aviron, en canoë ou en surf, l’accès à la nourriture est plus compliqué : boisson glissée dans le bateau, gels ou pâtes de fruits faciles à ouvrir, ravitaillements prévus à l’avance. La protection solaire et la chaleur des journées sur l’eau s’ajoutent aux besoins en eau, souvent sous-estimés.

Froid, altitude et aventures extrêmes

Ski de fond, ski de randonnée, alpinisme, raids, courses d’orientation au long cours, sports mécaniques ou glisse extrême partagent une même exigence : emporter son énergie et la consommer malgré les contraintes. Dans le froid, les aliments durcissent et les boissons gèlent : on choisit des barres qui restent souples, des fruits secs, des oléagineux, du pain d’épices, du fromage, et une bouteille isotherme de boisson chaude légèrement sucrée, qui réchauffe et hydrate à la fois. En altitude, l’appétit diminue alors que les besoins augmentent ; on fractionne les prises, on privilégie les glucides, plus faciles à digérer, et on boit davantage pour compenser les pertes respiratoires. Les sports extrêmes ajoutent souvent la fatigue, le stress, le manque de sommeil, autant de facteurs qui perturbent la faim : des repères horaires réguliers aident à ne pas décrocher. Les signes d’hypothermie, de mal aigu des montagnes ou de déshydratation sévère justifient toujours de redescendre ou de s’arrêter et de demander de l’aide. Pour compléter ce panorama, voici une sélection d’articles sur les sports de précision, aquatiques, d’hiver et extrêmes.

Natation

Gourde au bord du bassin, collation légère avant les séances matinales.

Aviron et canoë

Boisson accessible dans le bateau, glucides faciles à ouvrir pour les longues sorties.

Surf et eau libre

Repas complet avant la session, protection contre le soleil et la chaleur.

Ski de fond

Effort d’endurance au froid : glucides réguliers et boisson chaude en bouteille isotherme.

Ski alpin et snowboard

Petit-déjeuner solide, pause déjeuner digeste, collation dans la poche de la veste.

Alpinisme

Appétit en berne en altitude : petites prises fréquentes et boisson abondante.

Raids et aventure

Alterner sucré et salé, se fixer des repères horaires, emporter une réserve.

Sports mécaniques

Chaleur de l’équipement et concentration : hydratation régulière et repas légers.

Questions fréquentes sur la nutrition par discipline

Adapter son alimentation à son sport soulève des questions très concrètes, qu’on pratique une seule discipline ou plusieurs. Les réponses ci-dessous reprennent les interrogations les plus fréquentes chez les sportifs amateurs comme confirmés. Elles rappellent un principe constant : la nutrition spécifique à chaque sport s’ajoute à un socle commun, sans jamais le remplacer. Les besoins varient selon l’âge, le sexe, le niveau, le volume d’entraînement et l’état de santé ; pour un plan vraiment personnalisé, un médecin du sport ou une diététicienne restent les interlocuteurs les mieux placés. Les jeunes sportifs, en particulier, n’ont pas besoin d’une alimentation spécialisée : des repas réguliers et suffisants, une collation adaptée et une gourde dans le sac couvrent l’essentiel de leurs besoins, quelle que soit leur discipline.

Je pratique deux sports très différents, comment organiser mon alimentation ?

Partez du socle commun et adaptez chaque journée à la séance du jour : plus de féculents avant et après une séance d’endurance, une attention renforcée aux protéines autour d’une séance de force. Ce n’est pas le sport qui compte, c’est la séance. Planifier sa semaine à l’avance aide à anticiper les repas et les collations.

Les sportifs de force ont-ils vraiment besoin de glucides ?

Oui. Les séances de musculation et les efforts explosifs puisent dans le glycogène musculaire. Des réserves insuffisantes réduisent la qualité des séries et la récupération. Les féculents restent utiles, surtout dans les repas qui précèdent et suivent l’entraînement, en quantité adaptée au volume de la séance.

Faut-il manger pendant un match de football ou de basket ?

Généralement, boire suffit pendant le jeu, à chaque arrêt. À la mi-temps, une boisson légèrement sucrée ou un fruit facile à digérer peuvent aider, surtout si le repas d’avant-match était léger ou si plusieurs rencontres s’enchaînent dans la journée, comme lors d’un tournoi.

Comment gérer sa catégorie de poids sans danger ?

En choisissant une catégorie adaptée à son gabarit naturel et en stabilisant son poids sur la saison, avec l’accompagnement d’un médecin ou d’une diététicienne. Les restrictions brutales, le jeûne et la déshydratation volontaire sont à éviter absolument : ils mettent la santé en danger et font baisser la performance.

Les sports de précision demandent-ils une alimentation particulière ?

Ils demandent surtout de la régularité. Des repas complets, des collations peu sucrées prises à intervalles réguliers et une hydratation constante évitent les baisses de vigilance. On limite les boissons très caféinées, qui peuvent accentuer la nervosité et les tremblements du geste.